Photographe : Pierre Morel - Publié le 13 juin 2007.
Mots clefs liés : contre-sommets Chronique d’un contre G8
Après un premier blocage dans une route de forêt le matin et après s’être reposé quelques heures au camp de Reddelich nous repartons vers un nouveau blocage. Les informations, qui tombent chaque minute au camp, font état de blocages massifs au niveau des 2 portes d’entrées de la zone rouge.
Celui où nous irons est à la porte numéro 2 (Est), au nord de la ville de Bad Doberan. Nous sommes sur place aux alentours de 14 heures. La police protège les accès mais couper à travers champs est possible. La situation est amusante : les 2000 à 3000 personnes présentes sont presque toutes endormies et calmes. Tout le monde se repose et la police fait de même. Le blocage se fait sur une longue route droite bordée de platanes qui assurent l’ombrage. L’ambiance est très bonne mais on sent que ça fait longtemps qu’ils sont là et qu’ils vont rester encore plus longtemps ici.
La police se tient massivement devant l’entrée et des militants pacifistes "empêchent" les manifestants plus directs de se confronter immédiatement avec celle ci. Chaque remous de la police fait lever tout le monde et fait croire au début de l’évacuation. Mais il n’en est rien. Si bien que c’est plus de 600 personnes qui passeront la nuit sur place. Une cuisine s’est mise en place, des ravitaillements ont été faits. Néanmoins la police contrôle le territoire et n’autorise plus le transfert de couvertures et de vivres. A l’heure où j’écris (jeudi 9h00) je ne sais pas si le blocage tient toujours.
En tout cas il est une réussite dans le sens où le rapport de force est très favorable aux activistes et qu’ils tiennent fermement une des portes de la zone rouge sans que la police puisse intervenir. Nous réoccupons ainsi une rue et nous nous l’approprions. Quelques barricades ont été dressée tandis que les grillages du G8 sur le coté de la route ont tous été détruits.
Enfin, le décollage tout proche de 8 hélicoptères de guerre entraînera les manifestants dans les grands champs jouxtant la route. La police n’étant pas présente, plusieurs activistes s’en prendront avec succès aux grillages de la zone rouge et réussiront à les faire tomber. La police arrivera en trombe mais ne pourra arrêter personne. Les activistes continuant le sabotage un peu plus loin. La police était réellement dépassée que prendre les grillages de la zone rouge n’était alors plus une utopie.
Nous partirons de ce blocage aux alentours de 20 heures.