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Jour 4 - La police se prend pour Big Brother.

Jour 4 - La police se prend pour Big Brother.

Photographe : Pierre Morel - Publié le 14 juin 2007.

Mots clefs liés : contre-sommets sécuritaire Chronique d’un contre G8

4 Juin. 9H30. Le train Reddelich/Rostock arrive en gare. Nous sommes plusieurs dizaines d’activistes du camp de Reddelich à y descendre. Beaucoup vont à la journée d’actions à Rostock. (notamment une action devant un LIDL le matin et une manifestation pour la liberté de circulation l’après-midi). Une fois descendus dans le couloir principal de la gare, nous sommes directement arrêtés par une quarantaine de policiers qui nous encerclent et qui empêchent les personnes de s’échapper. Toute personne sortant du train est ainsi prise au piège.

Nous subirons alors pendant près d’une heure des contrôles. Les policiers déploieront du scotch pour créer des espaces où nous sommes placés comme des bêtes. Nous serons d’abord parqués près d’un mur, puis fouillés au corps chacun son tour par au moins 2 policiers. Les sacs sont également vérifiés. Ensuite nous sommes pris en photo, filmés et on relève les informations sur notre identité. Les policiers restent assez calmes et parfois sympathiques mais nous ne savons pas trop ce qui va se passer, ni ce qu’on nous reproche. Des membres de la légale team, des journalistes et quelques personnes sont en dehors de la zone de contrôle et regarde ce qui se passe. Si la majorité des activistes avait prévu de ne pas emmener d’armes ou d’objets suspects, d’autres ont été arrêtés pour des choses qu’ils n’auraient pas soupçonnés : Ainsi, un camarade grenoblois passera plusieurs heures en garde à vue pour avoir dans son sac des lunettes de plongée ! 8 personnes seront arrêtées lors de ce contrôle matinal. La plupart ont été relâchées dans l’après-midi.

Une fois sortie de la gare, nous sommes restés devant 30 minutes avant que les activistes arrêtés soient emmenés par une dizaine de camions de police. Alors que je prenais des photos de la scène, les policiers m’ont une nouvelle fois interpellé et saisi mon appareil pour effacer toutes les photos où il y avait le visage d’un policier. Une membre de la légale team m’indiquera que la prise de photo de visage de policiers est interdite en Allemagne. En France elle est autorisée, la diffusion des photos c’est différent. J’ai ensuite du subir un contrôle d’identité et j’ai été de nouveau photographié par la police. J’ai toutefois pu récupérer quelques images effacées sur la carte grâce à un logiciel, mais les plus importantes ont disparu.

Ce contrôle, ces suppressions d’images ainsi que ces intimidations montrent bien encore une fois la sur-présence sécuritaire de ce G8. Elle met ainsi à nu les volontés inavouées de nos dirigeants : toujours plus de contrôle sur les manifestations et les dissidents de tous les pays, les intimider, refuser une information libre, indépendante et critique. Durant les premiers jours du contre G8 il n’y avait pas eu de tels contrôles. Il y a fort à parier que l’approche des actions de blocage du G8 entraîne les policiers à vouloir ficher et démoraliser tous les activistes. Cela au détriment des libertés fondamentales et de la libre circulation des personnes. (les policiers bloquent également les habitants de Rostock dans la gare).

Notre rage reste intacte, elle en deviendrait même plus forte.


 
 

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