Photographe : Pierre Morel - Publié le 14 juin 2007.
Mots clefs liés : manifestations contre-sommets Chronique d’un contre G8
3éme journée d’actions fortes contre le sommet du G8 à Rostock. Avec pour thèmes l’immigration, la libre circulation et les droits égaux pour tous. C’est réaffirmer l’idée simple et nécessaire que chaque être humain est égal en droit et en liberté et qu’il puisse vivre dignement sur notre planète commune. C’est pourquoi des conférences, des actions, une manifestation et un concert étaient organisés afin de porter des idées comme la suppression des frontières, la coopération entre Nord et Sud, la lutte des sans papiers…
La manifestation était prévue à 13 heures. Les activistes arrivèrent petit à petit au lieu de rassemblement au Sud/Ouest de la ville (qui est très étalée). La police quadrillait tous les carrefours, stations de trains, de trams ainsi qu’une bonne partie des rues contrôlant ainsi une très bonne partie des manifestants se rendant sur le lieu de rassemblement. À 15h30 c’est entre 7000 et 10 000 manifestants qui étaient en place, la police les encerclant. Ce nombre était bien supérieur aux 2000 manifestants prévus. Ce dont la police se servit pour justifier l’interdiction de manifester en centre ville alors que le parcours prévoyait de s’y rendre.
Finalement le cortège se mis en marche, toujours de manière très festive, animé par 3 camions sonos et des prises de paroles de sans-papiers, dont de nombreux francophones venus pour ce G8. Ils feront remarquer qu’aux mêmes moments, d’autres manifestations avaient lieu contre le G8 au Mali, exemple d’une solidarité internationale de lutte ?
Si toutefois les manifestants étaient au rendez-vous, l’ultra présence policière fut paradoxale à la revendication de libre circulation pour toutes et tous. Ce sont plusieurs centaines de policiers qui ont encadré la manifestation comme une paroi entoure une cellule. En décidant eux-mêmes du tempo de la démonstration. Si bien qu’ aux portes du centre ville à l’arrivée de la manifestation, les policiers arrêteront tout mouvement et laisseront attendre les manifestants pendant près de 1h30. Tout comme le samedi 2 juin, la situation parait assez surréelle. Au fil de l’après-midi, les policiers et manifestants sont fatigués, si bien que tout le monde se retrouve assis par terre, sur des murs ou ailleurs, côte à côte, face à face sans trop de problèmes. Hormis quelques clowns heureusement trop audacieux ! A cette présence à laquelle il faut rajouter les nombreux contrôles et fouilles effectuées dans et autour de Rostock ainsi que la répression sur les nombreuses actions durant ce contre G8. La liberté de manifester devenant de plus en plus compromises, manifester devient une action de désobéissance civile qui réaffirme que la libre circulation des personnes et des idées doit être une réalité pour un autre monde. Les droits ne sont pas égaux pour tous : ceux qui subissent la répression policière et ceux qui ont les moyens de s’en sortir, ceux qui peuvent faire du tourisme en Afrique et ceux qui souffrent là bas…
Devant le refus de la police, les manifestants ont décidé de ne pas céder aux chantages et de poursuivre le parcours en petits groupes pour atteindre, derrière un sound system motivant, le port de Rostock. S’en suivra pour la soirée, un concert et une présence de quelques stands.